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Opinion Scène internationale

C’est dans leurs gènes

Depuis des années que cette fabrique de guerre bat son plein. Ils l’ont testée à Hiroshima et Nagasaki. Puis ils l’ont poursuivie en Corée, au Vietnam. Ils ont créé des foyers en Afrique, au Moyen-Orient et partout dans le monde où ils pouvaient valider cette notion qui confond leurs intérêts économiques avec la morale. Des millions d’êtres humains dans le monde ont payé de leur vie cette soif d’étendre leur domination par tous les moyens. Toutes les justifications sont bonnes.  A bout d’arguments, ils en ont inventé, créé de fausses nouvelles et manigancé des provocations comme celles qui ont permis le déclenchement de la plupart des guerres. Des provocations qui n’ont été révélées et comprises que bien des années plus tard, trop tard.

Lorsque les peuples refusaient de se soumettre ils les ont fait plier par le chantage économique. Ils ont mis à leur service des idéologues, des « think tanks » à concerter et manipuler l’opinion publique dans les universités et les institutions médiatiques. Leur plus grande réussite s’appelle aujourd’hui la bien pensance. Cette manière de suivisme qui assujetti le cerveau à la pensée unique. À cette idée construite sur la conviction que toutes les personnes sont bien intentionnées et que les élus ne sont là que pour notre bien. Ils ont construit dans l’imaginaire du monde ordinaire cette idée que le capitalisme fait partie de l’évolution naturelle des choses. Qu’il est le symbole même de la démocratie. Ils nous ont convaincu que la dénonciation de leurs manœuvres et de leurs politiques se résumait à ce qu’ils appellent abusivement la théorie du complot en se basant sur cette idée qu’aucun être humain ne saurait être capable d’autant de machiavélisme.  Marx n’était pas un grand philosophe mais un complotiste parce qu’il avait énoncé la théorie de la lutte des classes. Et que la lutte des classes signifiait que les capitalistes s’emparaient du pouvoir pour leurs intérêts économiques. Que lorsque ces intérêts étaient menacés, sous le règne de la paix, qu’ils n’hésitaient pas à recourir à la violence, voire à la guerre. Il était un complotiste parce qu’il affirmait que la police et l’armée étaient avant tout des institutions pour protéger leurs intérêts et les aider à promouvoir ces mêmes intérêts, pas les peuples. Bien sûr cela est difficile à comprendre lorsqu’on a fini par croire que les intérêts du capitalisme et les intérêts du peuple sont du pareil au même.

Voilà pourquoi on ne contestera pas l’idée que les États-Unis aient tout près de 800 bases militaires à travers le monde et un budget militaire qui atteindra près de 650 milliards de dollars en 2018, tout cela pour protéger l’humanité. Voilà pourquoi on ne contestera pas l’idée que les Américains soient au Moyen-Orient pour y faire régner la paix. Voilà pourquoi on ne contestera pas non plus l’encerclement de la Russie par les troupes de l’OTAN.

« On » ne signifie pas qu’il y ait unanimité. Certains pays refusent ce dictat politique, économique, militaire et « intellectuel ». C’est donc important de convaincre les populations du bien-fondé de la guerre et de leurs préparatifs de guerre. C’est ici que l’arme de la diabolisation bat son plein.  Aujourd’hui tous les dirigeants du Moyen-Orient, sauf ceux d’Israël et d’Arabie saoudite sont des sanguinaires. C’était le cas de Sadam Hussein contre qui on a fait la guerre parce qu’il « détenait » des armes de destruction massive, de Muammar Gaddafi, qui lui avait eu le malheur de vouloir créer une monnaie pour contrer les pétro-dollars afin de donner plus d’indépendance aux pays producteurs de pétrole et aujourd’hui de Bachar Al Assad fortement appuyé par les Syriens qui eux aussi au fond sont certainement tous des petits sanguinaires, parce qu’ils refusent le déchirement de leur pays.

J’ignorais à quel point Lise Bissonnette était une va-t-en guerre. Hier le 5 avril sur les ondes de Radio-Canada elle déplorait lourdement qu’aucune force ne soit capable de faire directement la guerre contre la Syrie. Même Yves Boisvert, que j’ai toujours considéré plus à droite que Mme Bissonnette, était plus nuancé qu’elle. Mais tous les deux ainsi que l’animateur de l’émission, Michel Auger, n’ont pas hésité une seconde à affirmer que la Syrie avait délibérément attaqué son peuple avec des armes chimiques sans même faire la moindre allusion à la version russe et syrienne qui affirmait que l’aviation syrienne avait ciblé un entrepôt militaire des rebelles qui contenait des armes chimiques. Sans même se soucier de la demande de la Russie pour qu’il y ait une véritable enquête indépendant afin de déterminer la cause exacte de cet incident effroyable. Mais peut-on légitimement leur reprocher cette unilatéralisme de la pensée lorsque celle-ci fait partie de leurs gènes ? Peut-être ne pouvons-nous rien pour eux. Mais pour nous-mêmes, l’examen de conscience n’est peut-être pas inutile.

Scène internationale

Un magma d’hypocrisie et de magouille de haute voltige

Ce qui devrait être clair pour tous c’est que le groupe État islamique a pris son ampleur dans la mouvance des groupes syriens dits rebelles. L’appui à ces forces meurtrières venait du Qatar, d’Arabie saoudite, de Jordanie et des pays occidentaux y compris de Turquie mais aussi, bien sûr, du Canada. Cet appui constituait une solution de rechange à leur incapacité d’embarquer le Conseil de sécurité de l’ONU dans une politique d’intervention pour défaire le gouvernement Assad.

Lorsque les ignominies commises par les Djihadistes n’étaient plus dissimulables les pays occidentaux n’ont eu d’autres choix que de dénoncer le groupe État islamique tel un docteur Frankenstein surpris par la férocité de sa propre créature. Mais les ramifications entre le groupe État islamique et les protagonistes d’une agression militaire contre la Syrie sont-elles vraiment disparues? On sait que des pays comme le Qatar qui partageaient l’opinion turque sur la question, hésitaient à se joindre à la coalition contre les Djihadistes si cette coalition n’en profitait pas pour attaquer par la même occasion la Syrie et le gouvernement de Bachar el-Assad, malgré la position du Conseil de sécurité. Et malgré certains reculs sur le terrain, les Djihadistes reçoivent toujours des fortunes du pétrole de contre-bande. Nos médias si prompts à nous donner des nouvelles parmi les plus invraisemblables dans les coins les plus reculés du monde (rappelez-vous ces femmes coréennes qu’on aurait tuées parce qu’elles n’avaient pas pleuré la mort de leur dirigeant) ne sont même pas capable de nous dire qui sont ces pays qui achètent ainsi le pétrole de contre-bande et financent par la bande le groupe État islamique, même si on sait que ces informations sont disponibles:

http://www.huffingtonpost.fr/2014/10/11/daech-petrole-etat-islamique-marche-petrolier_n_5964614.html

Un ami algérien me faisait remarquer récemment que les Djihadistes ne s’en étaient jamais pris à Israël. Je n’osais pas trop parier là dessus mais cette nouvelle qui vient de paraître m’a fait penser à la remarque de cet ami :

http://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/64257-150314-israel-soigne-des-djihadistes-d-al-qaida-blesses-en-syrie-wall-street-journal

Enfin dit-on, jamais deux sans trois. Un Djihadiste se réclamant des services secrets canadiens.

Les questions auxquelles on aura certainement jamais de réponse sont : Était-il au service du Canada pour infiltrer les Djihadistes ou était-ce un Djihadiste ayant infiltré les services canadiens ou encore n’était-il qu’un simple agent de liaison?

http://www.ledevoir.com/politique/canada/434398/groupe-etat-islamique-un-espion-canadien-a-t-il-aide-de-jeunes-djihadistes

Chose certaine, ça commence à faire pas mal de coincidences. Et le clou de toute cette affaire C’est John Kerry qui se dit maintenant prêt à négocier avec Assad, faisant porter le blâme de l’absence de telles négociations à ce dernier. Alors que les États-Unis ont refusé tous les appels en ce sens depuis 4 ans, qu’elles proviennent de Sergueï Lavrov ou de Bachar el-Assad.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2015/03/15/003-etats-unis-syrie-negociations-geneve-kerry.shtml

Mon opinion, c’est qu’avec un tel état d’esprit ces éventuelles négociations, même si préférables à la guerre, n’augurent rien de bon.

Mes commentaires ici et là

En réponse à Georges Malbrunot

Dans son blog « De Bagdad à Jérusalem L’Orient indiscret » Le Figaro, Georges Malbrunot s’en prend dans un texte intitulé « Comment la Syrie et la Russie ont piégé la Ligue arabe ? » à la récente Mission d’observateurs qui s’est rendue en Syrie. Je vous invite à lire l’article mais surtout les commentaires qui font presque l’unanimité contre le point de vue véhiculé par l’auteur.


Mon commentaire :

Un article avec peu de sources vérifiables et beaucoup de conditionnel. J’aime particulièrement ces deux phrases:
« Les observateurs ont dû recevoir un message clair de Damas que s’ils embêtaient trop le régime, ils n’auraient pas droit à une deuxième visite »
et
Comble de l’histoire : Damas aurait même eu une sorte de droit de veto sur leur désignation.
Ça c’est ce qu’on appelle du journalisme « rigoureux » ou si vous voulez mon avis, de l’opinion préfabriquée.
Si je comprends bien, il fallait aussi un mission d’observateurs à l’opinion préfabriquée sinon ce ne pouvait être une vraie mission d’observateurs.
Une chance comme dit si bien HW que les commentateurs eux ne se laissent pas berner. Pour être de circonstance je dirais même « piégés »