Référendum en Grèce : la lutte des classes, toujours une réalité

Après avoir répandu plus qu’une insanité pour culpabiliser les Grecs face à la crise de la dette, les donneurs de leçons qui ont pourtant été à la base de la crise financière de 2008 en Europe et en Amérique, se scandalisent aujourd’hui devant l’éventualité d’un référendum pour que la population grecque se prononce sur les mesures d’austérité qu’on lui impose depuis des mois déjà. Des mesures dont les décisions sont prises à Bruxelles et non pas en Grèce.

La réalité moins connue hors de la Grèce, c’est que le mouvement ouvrier n’a pas lâché le morceau depuis le début de la crise. 13 grèves générales, toutes suivies avec succès, et la revendication du mouvement syndical pour qu’un référendum ait lieu sur les mesures d’austérité imposées aux Grecs pour résoudre la crise, s’ajoutent à la fragilité du gouvernement Papandréou. Celui-ci pourrait tomber d’un jour à l’autre. En acceptant l’idée d’un éventuel référendum, Papandréou ne s’est pas rangé du côté de la gauche. Il a simplement cherché un peu de répit pour son gouvernement. On doit s’attendre d’ailleurs à ce que la question posée au référendum ne porte strictement que sur la Zone euro et non pas sur les mesures d’austérité. Question de diviser les votes du NON.

Malgré tout, si la droite pensait pouvoir utiliser le cas de la Grèce comme un laboratoire pour faire face à la crise au Portugal et en Italie en particulier, il s’avère que la fiole est passablement enfumée et qu’elle pourrait exploser à tout moment. C’est peut-être le mouvement ouvrier et populaire grec qui donnera une leçon aux populations menacées du Portugal, d’Italie, d’Espagne et d’Irlande. Un affrontement se prépare avec la Zone euro mais aussi avec tout le système qui engendre la crise. Une leçon pour tous les mouvements d’occupation des indignés à travers le monde. C’est le mouvement ouvrier organisé dont les membres sont au coeur de l’activité économique du système qui peut ébranler celui-ci efficacement. Comme quoi, la lutte des classes est toujours une réalité !

 


Dans les jours qui ont suivi la publication de cet article, Georgios Andrea Papandréou démissionna de son poste de Premier ministre, au profit du gouvernement conservateur de Lucas Papademos après avoir reçu l’assurance que son plan d’austérité serait adopté. Ces manoeuvres qui mettent fin à toute velléité de référendum et qui assurent au contraire le détournement du pouvoir législatif du processus normal de la démocratie afin d’imposer au peuple grec des décisions politiques prises à l’extérieur du pays, ne changent rien à la réalité. Les travailleurs grecs viennent d’ailleurs de déclencher le 3 décembre 2011 leur 6ième grève générale de l’année (la première contre le nouveau gouvernement) et des voix s’élèvent pour une véritable unité nationale autour de la gauche qui serait en mesure d’offrir une alternative au plan d’austérité Merkel-Sarkozi.

    Impact de l’intégration de la Grèce dans la zone euro sur l’économie agricole

c)Les conséquences de l’intégration de l’économie Grecque à l’UE et à l’UEM. Une illustration de cela est le fait que des branches importantes de l’industrie sont sur la voie du déclin après avoir fait les frais d’une forte pression concurrentielle et subi des restructurations (ex : textile, habillement, métal, construction navale et la fabrication d’autres moyens de transport). L’accroissement du déficit commercial et l’augmentation rapide des importations depuis l’Union européenne ont une impact correspondant sur l’inflation de la dette publique. Le déficit commercial est passé de 4% du PIB en 1975-80, à 5% en 1980-85, à 6% en 1985-1990, 7% en 1990-95, 8,5% en 1995-2000, et a explosé à 11% du PIB dans la décennie 2000-2010, avec l’entrée du pays dans la zone euro. La PAC a mené la balance des paiements agricole du pays d’un surplus de 9 milliards de drachmes en 1980 à un déficit de 3 milliards d’euros en 2010, faisant du pays un importateur de denrées alimentaires. La détérioration du déficit commercial a été suivie par celle de la balance des paiements « externe » (la balance des comptes courants), c’est-à-dire que le « bilan annuel » général du pays avec les autres pays est passé d’un surplus d’1,5% en 1975-1980 à un déficit de 0,9% en 1980-1990, le déficit est passé à 3% du PIB sur la période 1990-2000. Ce déficit a explosé avec l’entrée du pays dans la zone Euro jusqu’à atteindre une moyenne annuelle dépassant les 13% du PIB dans la décennie 2000-2010, conduisant à une augmentation des emprunts publics pour payer le déficit de la balance des paiements extérieure. L’activité rentable des armateurs n’a pas inversé cette situation. (extrait de l’analyse du KKE sur la crise économique et la dette en Grèce)

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