{"id":650,"date":"2006-08-15T21:42:36","date_gmt":"2006-08-15T21:42:37","guid":{"rendered":"http:\/\/demers.qc.ca\/?p=650"},"modified":"2009-02-24T19:28:11","modified_gmt":"2009-02-25T00:28:11","slug":"encore-sur-la-sociobiologie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/demers.qc.ca\/?p=650","title":{"rendered":"Encore sur la sociobiologie"},"content":{"rendered":"<p>Participant \u00e0 un d\u00e9bat sur un forum de discussion autour de la sociobiologie, j&rsquo;ai pris connaissance de ces deux liens Conf\u00e9rence de Jacques Ruelland chez les Sceptiques du Qu\u00e9bec et R\u00e9plique de Daniel Baril \u00e0 Jacques Ruelland en rapport avec le sujet que j&rsquo;ai soulev\u00e9 dans le texte Sociobiologie et individualisme politique de la semaine derni\u00e8re.<br \/>\nDaniel Baril, un d\u00e9fenseur de la sociobiologie, s&rsquo;en prend d&rsquo;abord \u00e0 ce qu&rsquo;il appelle l&rsquo;approche dualiste de Jacques Ruelland (approche corps-esprit qui distingue l&rsquo;\u00eatre humain du monde animal) . Il affirme que la sociobiologie restitue \u00e0 l&rsquo;\u00eatre humain sa continuit\u00e9 avec la nature. Il pr\u00e9cise par ailleurs que la vie culturelle est aussi pr\u00e9sente dans le monde animal.<\/p>\n<p>S&rsquo;il affirme que son approche dualiste constitue la charpente du propos de Ruelland, le rapprochement entre l&rsquo;\u00eatre humain et le monde animal constitue la charpente de la sociobiologie et du propos de Daniel Baril. Pour cette raison le lien identitaire que fait la sociobiologie entre l&rsquo;\u00eatre humain et le monde animal manque de perspective puisque ce lien, bien qu&rsquo;ind\u00e9niable sur le plan biologique, \u00e9clipse toute la notion d&rsquo;\u00e9volution sociale chez l&rsquo;\u00eatre humain. Cette \u00e9volution transcende l&rsquo;\u00e9volution strictement biologique et fait que les comportements humains \u00e9voluent d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;une \u00e9poque \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autre. Elle s&rsquo;accompagne d&rsquo;une accumulation du savoir et de ses r\u00e9percussions sur son propre d\u00e9veloppement et surtout se caract\u00e9rise par la transformation constante de ses conditions de vie (lire de survie), ce qu&rsquo;on ne reconnait pas chez le monde animal et qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec les observations de ce qu&rsquo;on appelle la \u00ab\u00a0culture\u00a0\u00bb animale.<\/p>\n<p>Ce sont les rapports \u00e9conomiques qui caract\u00e9risent le mieux les rapports sociaux chez l&rsquo;\u00eatre humain. Ces rapports se distinguent ainsi qualitativement des rapports \u00ab\u00a0culturels\u00a0\u00bb identifi\u00e9s chez les animaux. Cette distinction refl\u00e8te le fait que le monde animal vit et assure sa survie en autant que sont reconduites ses conditions de vie animale (au prix de la disparition de l&rsquo;esp\u00e8ce lorsque ces conditions disparaissent) tandis que chez l&rsquo;\u00eatre humain sa survie d\u00e9pend justement de la transformation ininterrompue de ses conditions de vie et non de leurs reconductions. Ce qui m\u00e8nerait au contraire \u00e0 l&rsquo;atrophie de la soci\u00e9t\u00e9. En somme, la transformation sociale ininterrompue constitue une condition sine qua non de l&rsquo;\u00e9volution humaine.<\/p>\n<p>Cela fait toute la diff\u00e9rence et cette diff\u00e9rence est bien plus profonde que ce que la sociobiologie, selon Daniel Baril, reconna\u00eet comme \u00e9tant une cause proximale de l&rsquo;\u00e9volution du comportement humain. Cette cause dite proximale, c&rsquo;est l&rsquo;environnement, le contexte sp\u00e9cifique, les rapports sociaux, qui influent pour ainsi dire accessoirement sur l&rsquo;\u00e9volution des comportements qui seraient en d\u00e9finitive mus par des causes \u00ab\u00a0ultimes\u00a0\u00bb (lire d&rsquo;origine g\u00e9n\u00e9tique).<\/p>\n<p>Or si l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;\u00eatre humain et des comportements humains d\u00e9coule de l&rsquo;\u00e9volution et de la transformation constante de ses propres conditions d&rsquo;existence, contrairement au monde animal, alors on ne peut plus parler de cette transformation comme d&rsquo;une cause \u00ab\u00a0proximale\u00a0\u00bb et accessoire, mais au contraire comme d&rsquo;une cause \u00ab\u00a0d\u00e9terminante\u00a0\u00bb de cette \u00e9volution et des comportements qui en d\u00e9coulent, y compris du langage et de la pens\u00e9e. Ce qui \u00e9branle fortement \u00e0 mon sens la charpente m\u00eame de la sociobiologie et surtout ce qui ne retrouve aucune application similaire dans le r\u00e8gne animal.<\/p>\n<p>Daniel Baril reproche \u00e0 Jacques Ruelland de ne pas avoir \u00a0\u00bb la moindre parcelle d\u2019explication mat\u00e9rialiste alternative sur le comportement et sur le d\u00e9veloppement de la culture.\u00a0\u00bb Hors de l&rsquo;\u00c9glise point de salut ! Comme si l&rsquo;influence g\u00e9n\u00e9tique sur les comportements devait \u00eatre la seule alternative possible aux th\u00e9ories id\u00e9alistes de l&rsquo;\u00e9volution humaine. Comme si les classiques n&rsquo;avaient pas d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pondu \u00e0 cette question par les conceptions mat\u00e9rialistes de l&rsquo;\u00e9volution sociale. Cette mani\u00e8re de formuler la question r\u00e9v\u00e8le n\u00e9anmoins, s&rsquo;il en est besoin, comme d&rsquo;ailleurs toute la notion de \u00ab\u00a0causes proximales et de causes ultimes\u00a0\u00bb, que les th\u00e9ories de la sociobiologie rel\u00e8vent davantage du monde des hypoth\u00e8ses que de celui de la science et de th\u00e9ories valid\u00e9es.<br \/>\nVoir aussi : Sociobiologie et individualisme politique<\/p>\n<p><strong>Commentaires<\/strong> (ancie)<\/p>\n<p>1. Le mercredi 23 ao\u00fbt 2006 \u00e0 19:22, par Ir\u00e8ne Durand<\/p>\n<p>    Le p\u00e8re de la sociobiologie Edward O. Wilson est le mieux plac\u00e9 pour pousser la r\u00e9flexion entre nature et culture. Son ouvrage L&rsquo;UNICIT\u00c9 DU SAVOIR, De la biologie \u00e0 l&rsquo;art, une m\u00eame connaissance, Robert Laffont, 2000, est d&rsquo;un grand int\u00e9r\u00eat. J&rsquo;ai \u00e9tudi\u00e9 Marx dans les textes et j&rsquo;ai lu de nombreux commentateurs. Il me semble qu&rsquo;il faut toujours mieux revenir \u00e0 la source originale pour faire son opinion sur une pens\u00e9e. Amicalement lamer308.<\/p>\n<p>2. Le vendredi 20 avril 2007 \u00e0 00:05, par prudent yves<\/p>\n<p>    la nature a horreur du vide dit-on mais certain peuvent la suporter plus que d&rsquo;autre je pense aux v\u00e9ritables ath\u00e9s qui n&rsquo;ont d&rsquo;autre explication au-del\u00e0 de la nature. mais les sociobiologistes-logues ont trouv\u00e9 un nouveau Dieu il sont les T\u00e9moins du G\u00e8ne de la science c&rsquo;est leur Graal et ils ont la foi. il serait bon pour le lecteur de prendre connaissance de l&rsquo;entrevue donn\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0les ann\u00e9es lumi\u00e8re\u00a0\u00bb R-C. par Axel Khan,m\u00e9decin, g\u00e9n\u00e9ticien. c&rsquo;est tr\u00e8s \u00e9clairant.<\/p>\n<p>3. Le vendredi 28 septembre 2007 \u00e0 16:42, par saraswati<\/p>\n<p>    Comme c&rsquo;est bizarre, il y a une science qui a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement \u00e9lud\u00e9e, vid\u00e9e de la m\u00e9moire des ces cerveaux lobotomis\u00e9s par le consumerisme n\u00e9oliberal !<br \/>\n    Pourtant elle donne toute les dimensions qui manquantes \u00e0 la sociobiologie boiteuse dans ses concepts&#8230;..<br \/>\n    Cette science toute neuve s&rsquo;appelle la biopsychosociologie ! Vous connaissez ? ! <\/p>\n<hr>\n<p>Voir aussi l&rsquo;article suivant : <a href=\"http:\/\/demers.qc.ca\/?p=645\">Sociobiologie et individualisme politique<\/a><\/p>\n<!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on the_content --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on the_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Participant \u00e0 un d\u00e9bat sur un forum de discussion autour de la sociobiologie, j&rsquo;ai pris connaissance de ces deux liens Conf\u00e9rence de Jacques Ruelland chez les Sceptiques du Qu\u00e9bec et R\u00e9plique de Daniel Baril \u00e0 Jacques Ruelland en rapport avec le sujet que j&rsquo;ai soulev\u00e9 dans le texte <a href=\"http:\/\/demers.qc.ca\/?p=645\">Sociobiologie et individualisme politique<\/a> de la semaine derni\u00e8re.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/demers.qc.ca\/?p=650\">Lire l&rsquo;article au complet<\/a><!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on wp_trim_excerpt --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on wp_trim_excerpt --><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/demers.qc.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/650"}],"collection":[{"href":"https:\/\/demers.qc.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/demers.qc.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/demers.qc.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/demers.qc.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=650"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/demers.qc.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/650\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1303,"href":"https:\/\/demers.qc.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/650\/revisions\/1303"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/demers.qc.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=650"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/demers.qc.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=650"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/demers.qc.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=650"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}