{"id":340,"date":"2006-04-26T17:53:20","date_gmt":"2006-04-26T22:53:20","guid":{"rendered":"http:\/\/demers.qc.ca\/?p=340"},"modified":"2009-01-26T09:58:28","modified_gmt":"2009-01-26T14:58:28","slug":"chapitre-17-le-larousse-au-feminin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/demers.qc.ca\/?p=340","title":{"rendered":"Chapitre 17 &#8211; LE LAROUSSE AU FEMININ"},"content":{"rendered":"<p><b>L&rsquo;\u00eele de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 de l&rsquo;instant pr\u00e9sent<\/b><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/demers.qc.ca\/wp-content\/uploads\/2009\/01\/roy2.jpg\" alt=\"raoul_roy2\" title=\"raoul_roy2\" width=\"150\" height=\"150\" class=\"alignleft size-full wp-image-341\" \/><\/p>\n<p>Cher Clermont,<\/p>\n<p>Dans sa contemplation active de l\u2019univers,<br \/>\nTon ami est devenu lui-m\u00eame<br \/>\nUn chevalier \u00e0 la bien triste figure<br \/>\nChantant au hasard des rues<br \/>\npour ne pas mourir de faim.<br \/>\nComme les temps changent.<br \/>\nQuelques nouvelles de cet ami.<br \/>\nAu cas o\u00f9\u2026<\/p>\n<p>Cet ami parcourt parall\u00e8lement<br \/>\nLe cosmos intra-personnel<br \/>\nComme Christophe Colomb jadis la mer<br \/>\nAvant qu\u2019il ne d\u00e9couvre l\u2019Am\u00e9rique,<br \/>\nEt comme tout le monde le fera un jour<br \/>\nen transatlantique quantique.<br \/>\nCe n\u2019est qu\u2019une question de temps.<\/p>\n<p>Son corps est devenu le lieu de v\u00e9ritables temp\u00eates de bonheur cosmique. Dans les attaques d\u2019\u00eatre, le r\u00e9ceptacle qu\u2019est son enveloppe charnelle se transforme en \u00eatre immense contenant l\u2019univers quantique dans son entier dans les brosses d\u2019\u00eatre, il redevient un enfant cosmique gambadant dans les champs du temps et les ruisseaux de l\u2019espace. Plus il vieillit, plus il vit dans tout le corps sauf au centre du cerveau<br \/>\ndes attaques d\u2019\u00eatre. et moins il conna\u00eet le bonheur de se perdre dans des brosses d\u2019\u00eatre de pauvret\u00e9 joyeuse. Comme si l\u2019\u00eatre tentait de plus en plus de lui d\u00e9voiler la texture de sa nature par la non-pens\u00e9e et le non-savoir.<\/p>\n<p>Dieu n\u2019existe peut-\u00eatre pas<\/p>\n<p>Mais comment appelle-t-on cette \u00e9nergie cr\u00e9atrice d\u2019instants pr\u00e9sents ?<br \/>\nQui vient et va en son corps, faisant passer son corps<br \/>\nDe l\u2019infiniment petit \u00e0 l\u2019immens\u00e9ment heureux<br \/>\nPar une b\u00e9atitude infiniment joyeuse<br \/>\nDe vaguer ou bon lui semble ?<br \/>\nLa conscience cosmique amoureuse de l\u2019homme, peut-\u00eatre.<\/p>\n<p>Mais comment appelle-t-on ce corps quand il quitte le r\u00e9el social,<br \/>\nVoyageant, pauvre comme le furent les mendiants de tous les temps,<br \/>\nDans l\u2019\u00eatre immense qu\u2019est l\u2019\u00eele de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de l\u2019instant pr\u00e9sent ?<br \/>\nLa conscience de l\u2019homme amoureux du cosmos, peut-\u00eatre.<\/p>\n<p>Que nous nous adorions l\u2019un et l\u2019autre<br \/>\nEmerveill\u00e9 l\u2019un et l\u2019autre qu\u2019il en soit ainsi.<br \/>\nCela s\u2019appelle peut-\u00eatre la danse des consciences<br \/>\nSur l\u2019\u00eele de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de l\u2019instant pr\u00e9sent<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre\u2026Peut-\u00eatre pas<\/p>\n<p>Deux questions fondamentales<\/p>\n<p>Comment un bonheur de trois jours sans interruption<\/p>\n<p>Est-il possible ?<\/p>\n<p>quelle est la nature ontologique de l\u2019instant pr\u00e9sent ?<\/p>\n<p>Et si toute cette b\u00e9atitude n\u2019\u00e9tait que la cons\u00e9quence logique<br \/>\nD\u2019une transmutation des particules<br \/>\nPar voyage trans-quantique ?<\/p>\n<p>Je suis rendu l\u00e0.<br \/>\nQui d\u00e9couvrira les fondements particulaires de la conscience<br \/>\nD\u00e9couvrira en m\u00eame temps les fondements particulaires de l\u2019univers entier.<br \/>\nSeule une math\u00e9matique de conception particulaire<br \/>\npourrait un jour parvenir \u00e0 v\u00e9rifier le tout,<br \/>\nL\u00e0 se cachent peut-\u00eatre les fondements g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019harmonie du monde<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre\u2026Peut-\u00eatre pas<\/p>\n<p>Ego sum pauper<br \/>\nNihil habeo<br \/>\nEt nihil dabo<\/p>\n<p>Tel qu\u2019\u00e9crit et d\u00e9pos\u00e9 aux pieds de chaque tombe historique<br \/>\nComme le firent jadis certains crois\u00e9s des lieux sacr\u00e9s.<\/p>\n<p>Ton ami Renaud<br \/>\nEn souvenir du camp Ste-Rose.<\/p>\n<p>Clermont avait envoy\u00e9 \u00e0 mon p\u00e8re une photocopie de ce texte de Renaud. Mon p\u00e8re s\u2019\u00e9tait empress\u00e9 de me la transmettre, dans une grande enveloppe o\u00f9 il avait ins\u00e9r\u00e9 deux autres lettres sign\u00e9es : Monsieur de Larousse. Comme ces derni\u00e8res \u00e9taient de dates rapproch\u00e9es et pressantes, cela me flatta.<\/p>\n<p>Renaud ne parlait jamais d\u2019un quelconque amour pour ma personne. Mais Monsieur Jean de Larousse, de son c\u00f4t\u00e9, n\u2019avait jamais oubli\u00e9 sa fascinante du Qu\u00e9bec. Bien plus, comme il me le confiait dans sa derni\u00e8re lettre, il sentait le besoin de parcourir avec moi le sens du mot \u00ab fascinante \u00bb, pour tenter, mot par mot, une perc\u00e9e f\u00e9ministe dans un nouveau projet encyclop\u00e9dique o\u00f9 le langage serait trait\u00e9 au f\u00e9minin. Je lui \u00e9crivis une courte missive :<\/p>\n<p>J\u2019ai r\u00e9gl\u00e9 mon divorce<br \/>\nSur le rocher du grand B\u00e9 de St-Malo<br \/>\nDevant la tombe de Ch\u00e2teaubriand.<\/p>\n<p>Le fait que<br \/>\nCette tombe soit consid\u00e9r\u00e9e<br \/>\nComme un haut lieu de p\u00e8lerinage po\u00e9tique<br \/>\n\u00c0 travers les si\u00e8cles<br \/>\nEt qu\u2019une encyclop\u00e9die f\u00e9ministe<br \/>\nMe semble en soi de la po\u00e9sie pure,<br \/>\nQue pensez-vous de venir m\u2019y rejoindre ?<\/p>\n<p>J\u2019y vais et viens tous les soirs de l\u2019\u00e9t\u00e9<br \/>\nJuste avant la mont\u00e9e de la mar\u00e9e<br \/>\nJ\u2019aurai un chapeau de paille<br \/>\nJaune, couleur de lune.<\/p>\n<p>Votre fascinante, Marie<\/p>\n<p>Curieux que deux lettres se croisant m\u2019obligent \u00e0 faire un choix somme toute facile. Renaud, par ses propos, semblait ne pas avoir besoin d\u2019une femme dans sa vie et Monsieur Jean de Larousse, oui. La tombe de Ch\u00e2teaubriand me rappelant, chaque soir de l\u2019\u00e9t\u00e9, que nous allions mourir, j\u2019en conclus qu\u2019il \u00e9tait plus que temps de vivre, dans les r\u00e9alit\u00e9s, dans le temps mais hors des servitudes. Vivre comme Renaud m\u2019apparaissait aussi fou qu\u2019\u00e0 Jos \u00ab quoiqu\u2019int\u00e9ressant Barnake \u00bb comme aurait dit mon ami chansonnier.<\/p>\n<p>Les jours qui suivirent, je tentai de v\u00e9rifier si Renaud avait \u00e9crit Ego sum pauper \u00e0 un endroit quelconque du rocher du B\u00e9. Mes recherches furent vaines jusqu\u2019\u00e0 ce que je me rappelle qu\u2019au camp Ste-Rose, il avait utilis\u00e9 les petits coffrets sculpt\u00e9s de mon p\u00e8re. Alors je me dis qu\u2019il n\u2019avait pu l\u2019enterrer que dans un endroit sablonneux,.le plus pr\u00e8s possible de la tombe du grand homme. Effectivement, en arri\u00e8re du monument de Chateaubriand, juste \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du coin gauche, la terre semblait rejaillir de l\u2019herbe. Je n\u2019eus qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9pousseter de mes mains. Et je trouvai une petite bo\u00eete en t\u00f4le et un simple papier d\u00e9chir\u00e9 d\u2019une enveloppe quelconque.<\/p>\n<p>Ego sum pauper<br \/>\nNihil habeo<br \/>\nEt nihil Dabo.<\/p>\n<p>Je remis le tout bien en place, ahurie que tout \u00e7a fut plus fou que vrai, quoique plus vrai que fou. Le temps ne m\u2019avait jamais vraiment hant\u00e9, sauf peut-\u00eatre dans quelques moments de grands bonheurs o\u00f9 j\u2019aurais voulu l\u2019arr\u00eater. Comme quand Nellie-Rose \u00e9tait gamine et que j\u2019aurais voulu qu\u2019elle ne grandisse point non pas pour retarder mon propre vieillissement, mais plut\u00f4t par souci de lui \u00e9viter un monde m\u00e2lien o\u00f9 elle aura \u00e0 faire ses preuves sans aucune garantie\u2026. D\u2019autres moments de d\u00e9tresse aussi o\u00f9 j\u2019aurais voulu le presser ce temps\u2026. Comme quand ma fille souffrait de quelques maladies, toujours b\u00e9nignes mais qui prennent une importance aux yeux d\u2019une m\u00e8re qui se sent impuissante et qui attend que les antibiotiques fassent leurs effets\u2026. Toujours ma fille\u2026 le temps de l\u2019aimer valant plus que la recherche sur le temps, puisque le temps de la retrouver m\u2019apparaissaient cinq jours d\u2019\u00e9ternit\u00e9 \u00e0 tuer d\u2019une longueur infinie insupportable.<\/p>\n<p>Je sentais venir le temps de lui donner un p\u00e8re qui m\u2019aime et que j\u2019aime, m\u00eame s \u2018il ne portait point le titre au niveau biologique, John ayant fait la preuve qu\u2019il aurait fait un bien mauvais p\u00e8re biologique.<\/p>\n<p>Renaud m\u2019avait jadis appel\u00e9e sa \u00ab couleur clair de lune \u00bb. Alors je portais mon chapeau de paille, tous les soirs, apr\u00e8s souper comme on dit au Qu\u00e9bec ou apr\u00e8s le d\u00eener comme on le dit quand on c\u00e9l\u00e8bre le rituel de la bouffe en France. J\u2019adorais marcher sur la plage de St-Malo, en dehors des forteresses. Je ne sentais plus le besoin de faire mon p\u00e8lerinage au travers de la horde des touristes. Je me tenais loin de la tombe tout comme mes pieds d\u2019ailleurs qui pr\u00e9f\u00e9raient se r\u00e9jouir de vague en vague au fur et \u00e0 mesure que celles-ci sensualisaient l\u2019empreinte du sable sous mes pas.<\/p>\n<p>Je tentais le sort. Les hommes me regardaient et ma foi\u2026 il n\u2019avaient pas tort. Je ne m\u2019\u00e9tais jamais trouv\u00e9e aussi jolie. On dirait que, comme les animaux, au moment o\u00f9 l\u2019accouplement te devient essentiel, (accouplement dans le sens de faire couple fondu ensemble pour la vie), ton corps d\u00e9gage une danse du d\u00e9sir au f\u00e9minin aux parfums \u00e9tonnants, irr\u00e9sistibles m\u00eame pour toi-m\u00eame. Tu en arrives \u00e0 trouver incroyable qu\u2019un homme ne tombe pas follement amoureux de toi et ne t\u2019offre pas sa vie et son c\u0153ur pour la vie du c\u0153ur.<\/p>\n<p>Il y a des moments comme \u00e7a o\u00f9 comme deux aimants s\u2019attirant dans l\u2019espace, comme deux amants s\u2019\u00e9clatant dans le temps, l\u2019une des deux parties marchant la plage de la mer de St-Malo ne se meut que dans des mouvements d\u2019appel de la chair \u00e0 la chair passionn\u00e9e de sa chair. J\u2019\u00e9tais \u00e9tonn\u00e9e moi-m\u00eame de mon corps devenu d\u00e9sir et ne pouvant s\u2019abandonner qu\u2019\u00e0 un d\u00e9sir recherchant la m\u00eame forme d\u2019abandon.<\/p>\n<p>Un soir de temps doux \u00e9tendue sur la plage, je m\u2019aper\u00e7us, en me relevant, que mon chapeau de paille \u00ab clair de lune \u00bb semblait me retenir pour ne pas que je m\u2019envole au vent tellement j\u2019\u00e9tais attir\u00e9e par le vent de l\u2019amour. Je dus avoir un tr\u00e8s beau sourire car un homme m\u2019accosta par ces mots.<\/p>\n<p>Madame que vous \u00eates fascinante !<\/p>\n<p>J\u2019esp\u00e8re qu\u2019un jour, un homme fera en sorte<br \/>\nque je ne le sois plus, r\u00e9pondis-je simplement.<\/p>\n<p>Jean de Larousse<br \/>\nQuel bonheur enfin de vous rencontrer<\/p>\n<p>Marie Gascon Thysdale.<br \/>\nConsid\u00e9rez-vous comme mon invit\u00e9, Monsieur<br \/>\nVous \u00eates d\u00e9j\u00e0 venu \u00e0 St-Malo ?<\/p>\n<p>Non c\u2019est la premi\u00e8re fois.<\/p>\n<p>Alors je vous invite intra muros<br \/>\nCit\u00e9 corsaire, place Ch\u00e2teaubriand<br \/>\nPour le boire de bienvenue<br \/>\ncomme on dit par ici.<\/p>\n<p>Nous nous retrouv\u00e2mes finalement \u00e0 une terrasse \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des murailles \u00e0 manger la traditionnelle galette-saucisse-cr\u00eape accompagn\u00e9e d\u2019un plateau de fruits de mer et d\u2019un vin relev\u00e9 de Bretagne. . Jean de Larousse me raconta comment son arri\u00e8re-arri\u00e8re-arri\u00e8re grand-p\u00e8re, Pierre Larousse, lan\u00e7a le grand dictionnaire universel du X1X si\u00e8cle dans lequel il voulait donner \u00ab chacune \u00e0 son ordre alphab\u00e9tique, toutes les connaissances qui enrichissent l\u2019esprit humain \u00bb. L\u2019ouvrage \u00e9volua \u00e0 travers les g\u00e9n\u00e9rations pour devenir en 1927 le grand Larousse encyclop\u00e9dique, qui, d\u2019\u00e9dition en \u00e9dition, donna \u00e0 sa famille une r\u00e9putation universelle \u00e0 titre de \u00ab maison des dictionnaires \u00bb.<\/p>\n<p>Je lui parlai \u00e0 mon tour du Grand Larousse encyclop\u00e9dique 1961 dont mon p\u00e8re avait fait toute sa vie, son unique lecture, m\u2019apprenant par le biais de cette classification de la connaissance, l\u2019amour de la musique des mots et de leurs sens. Et sans trop nous en rendre compte, nous f\u00fbmes rapidement unis par la passion des mots neufs de sens \u00e0 l\u2019oreille.<\/p>\n<p>Quand je pronon\u00e7ai le mot amour, il me confia \u00e0 quel point la mort de sa femme l\u2019avait boulevers\u00e9. Il travaillait d\u2019ailleurs \u00e0 renouveler le sens de ce mot dans la prochaine version de son encyclop\u00e9die, car il lui semblait que la profondeur du grand amour brillait d absence dans la d\u00e9finition, l\u2019amour vrai n\u2019\u00e9tant pas enfant du d\u00e9sir, mais du compagnonnage heureux.<\/p>\n<p>Au mot enfant, je lui parlai de ma fille que son p\u00e8re venait reconduire tout en amenant une proposition de divorce pour fin de signature. Je lui d\u00e9voilai \u00e0 mon tour que j\u2019avais connu dans ma vie l\u2019amour coup de foudre, l\u2019amour carri\u00e9riste, mais pas ce compagnonnage heureux dont il semblait si \u00e9pris tellement il en parlait avec des yeux brillants.<\/p>\n<p>\u00c7a fait cinq ans que mes yeux n\u2019ont pas brill\u00e9<br \/>\nPour une femme, vous savez, Marie ?<\/p>\n<p>Dois-je prendre \u00e7a pour une d\u00e9claration ?<br \/>\nR\u00e9pondis-je .<\/p>\n<p>Je vous trouve tellement fascinante.<\/p>\n<p>Jean de Larousse dut remarquer ma tristesse profonde car il me demanda avec \u00e9ducation en quoi le mot \u00ab fascinante \u00bb pouvait m\u2019atteindre si profond\u00e9ment. Mais il y a des mots comme \u00e7a qui t\u2019obligent \u00e0 raconter ta vie. Et je ne savais trop par o\u00f9 commencer. En avais-je seulement le go\u00fbt ?<\/p>\n<p>Vous avez des enfants dis-je ?<\/p>\n<p>Non<\/p>\n<p>Vous aimeriez en avoir ?<\/p>\n<p>Oui j\u2019adorerais.<\/p>\n<p>Alors le reste n\u2019a aucune importance<br \/>\nJe d\u00e9sire une s\u0153ur pour Nellie-Rose<br \/>\nVoil\u00e0 ce qui me fascine ces temps-ci.<br \/>\nJe cherche simplement une vie de famille<br \/>\nVous avez une d\u00e9finition du mot famille dans Larousse<br \/>\nCar au f\u00e9minin seulement, le sens du mot me semble<br \/>\nCertains soirs comme ce soir,<br \/>\nDramatiquement incomplet.<\/p>\n<p>Je rougis soudain de m\u2019\u00eatre si profond\u00e9ment livr\u00e9e<\/p>\n<p>Allez, assez jaser comme on dit au Qu\u00e9bec<br \/>\nJe pourrais vous faire faire des b\u00eatises.<br \/>\nVous me raccompagnez ?<br \/>\nJe dois \u00eatre en forme pour accueillir ma fille<br \/>\nEt cela tr\u00e8s t\u00f4t demain matin.<\/p>\n<p>Comme j\u2019habitais chambre et pension \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des murs, nous n\u2019e\u00fbmes qu\u2019\u00e0 marcher.<\/p>\n<p>Je me rappelle toute petite<br \/>\nMon p\u00e8re me chantait la chanson<br \/>\n\u00c0 S-Malo beau port de mer<br \/>\nVous savez qu\u2019il n\u2019y a pas<br \/>\nUn marin de par ici qui la conna\u00eet<\/p>\n<p>Vous pouvez me la chanter ?<\/p>\n<p>A St-Malo beau port de mer (2)<br \/>\nTrois beaux navires sont arriv\u00e9s<br \/>\nNous irons sur l\u2019eau<br \/>\nNous irons nous promener<br \/>\nNous irons jouer<br \/>\nDans l\u2019ile<br \/>\nDans l\u2019ile<\/p>\n<p>C\u2019est la chanson pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de Nellie-Rose<br \/>\nQuand je l\u2019endors le soir.<\/p>\n<p>Si vous pouviez recommencer votre vie<br \/>\nCe serait sur quelle \u00eele ?<br \/>\nMurmura Monsieur de Larousse<\/p>\n<p>Celle de mon p\u00e8re<br \/>\nLes \u00eeles Galapagos<br \/>\nParce que, comme il disait quand j\u2019\u00e9tais petite<br \/>\nC\u2019est \u00e0 l\u2019autre bout du monde<br \/>\nEt que l\u2019autre bout du monde<br \/>\n\u00c7a donne juste le go\u00fbt de revenir chez nous<br \/>\nHeureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage.<\/p>\n<p>Jean, je ne vous remercierai jamais assez<br \/>\nPour cette merveilleuse soir\u00e9e.<\/p>\n<p>Je vous reverrai ?<\/p>\n<p>Il vaut mieux que vous repartiez, je crois<br \/>\nJ\u2019ai trop de r\u00e9flexes de femme esseul\u00e9e<br \/>\nJe risque de faire des erreurs<\/p>\n<p>Le lendemain, quand j\u2019entendis crier \u00ab maman, maman \u00bb les sanglots me travers\u00e8rent l\u2019int\u00e9rieur du corps pendant que les deux bras demandaient pardon de l\u2019avoir n\u00e9glig\u00e9e dans ma p\u00e9riode p\u2019tit Qu\u00e9bec. Bien s\u00fbr, la nuit il y avait madame de Vincenne, mais \u00e7a ne remplace pas une m\u00e8re quand l\u2019enfant couvre une grippe. Dans ces cas-l\u00e0, je prenais toujours mon petit poussin sous mon aile dans mon nid, ne serait-ce que pour v\u00e9rifier ses mont\u00e9es de fi\u00e8vre. Et je me jurai que jusqu\u2019\u00e0 18 ans s\u2019il le faut, je ne raterais pas une nuit de maladie. L\u2019abandon et la confiance aux pouvoirs d\u2019amour de la m\u00e8re cr\u00e9ant des liens que m\u00eame la mort ne peut d\u00e9truire.<\/p>\n<p>Une fois les papiers du divorce sign\u00e9s, John dut repartir, un congr\u00e8s l\u2019attendait \u00e0 Liverpool. Sur la place du march\u00e9, j\u2019achetai \u00e0 Nellie-Rose un chapeau de paille exactement comme le mien. Comme elle avait grandi en mon absence. Elle ne cessait de parler de peur d\u2019en oublier. Mais je remarquai aussi que mes \u00e9loignements, ne fusse que pour acheter une glace, l\u2019ins\u00e9curisaient. Elle serrait ma jambe contre elle en disant :<\/p>\n<p>On ne se quittera plus hein maman ?<br \/>\nOn ne se quittera plus<br \/>\nJe veux pas aller vivre avec Papa<br \/>\nC\u2019est trop loin de toi.<\/p>\n<p>Je l\u2019embrassai en la serrant tr\u00e8s fort. Puis pour la calmer avant le dodo, nous all\u00e2mes marcher sur la plage de St-Malo en chantant ensemble notre chanson f\u00e9tiche.<\/p>\n<p>Trois beaux navires sont arriv\u00e9s (bis)<br \/>\nCharg\u00e9s d\u2019avoine charg\u00e9s de bl\u00e9<br \/>\nNous irons sur l\u2019eau<br \/>\nNous irons nous promener<br \/>\nNous irons jouer<br \/>\nDans l\u2019\u00eele<\/p>\n<p>Dans l\u2019\u00eele<\/p>\n<p>Que vous \u00eates fascinante mademoiselle ?<\/p>\n<p>Nous nous retourn\u00e2mes toutes les deux. Jean de Larousse mit un genoux par terre devant la petite en disant \u00bb<\/p>\n<p>Il faut absolument que vous appreniez la r\u00e9ponse de votre m\u00e8re \u00c0 cette r\u00e9plique Mademoiselle<\/p>\n<p>J\u2019esp\u00e8re qu\u2019un jour, un homme fera en sorte Que je ne le sois plus, c\u2019est bien \u00e7a la r\u00e9ponse Marie ?<\/p>\n<p>non c\u2019est pas \u00e7a la suite de la chanson Monsieur fit Nellie-Rose<\/p>\n<p>c\u2019est quoi ?<\/p>\n<p>trois dam\u2019s s\u2019en vont les marchander(2)<br \/>\nmarchand marchand combien ton bl\u00e9<br \/>\nnous irons sur l\u2019eau<br \/>\nnous irons nous promener<br \/>\nnous irons jouer<br \/>\ndans l\u2019\u00eele<br \/>\ndans l\u2019\u00eele<\/p>\n<p>c\u2019est qui les trois dam\u2019s<br \/>\ndemanda Monsieur de Larousse<\/p>\n<p>Ben, dit Nellie-Rose<br \/>\nY a ma m\u00e8re\u2026<br \/>\nMoi\u2026.<br \/>\nPuis Madame de Vincenne<\/p>\n<p>\u00c7a aurait pu \u00eatre ta petite s\u0153ur<br \/>\nDit Jean en me regardant droit dans les yeux<\/p>\n<p>Et je chantai \u00e0 mon tour<br \/>\nComme pour changer de sujet<\/p>\n<p>Marchand marchand combien ton bl\u00e9 (2)<br \/>\nTrois francs l\u2019avoine six francs le bl\u00e9<br \/>\nNous irons sur l\u2019eau<br \/>\nnous irons nous promener<br \/>\nnous irons jouer<br \/>\ndans l\u2019\u00eele<br \/>\ndans l\u2019\u00eele<\/p>\n<p>dis Monsieur le marchand<br \/>\nfit Nellie-Rose<br \/>\n\u00e7a co\u00fbte combien une petite s\u0153ur ?<\/p>\n<p>si tu m\u2019aimes, r\u00e9pondit Jean<br \/>\nce sera gratuit pour toi<\/p>\n<p>alors je vous aime<\/p>\n<p>Et je chantai la suite de la chanson, toute \u00e9tonn\u00e9e qu\u2019au refrain Nellie-Rose et Jean reprennent la m\u00e9lodie en ch\u0153ur, l\u2019enfant nous tenant tous les deux par la main.<\/p>\n<p>trois francs l\u2019avoine six francs le bl\u00e9 (2)<br \/>\nc\u2019est bien trop cher d\u2019une bonne moiti\u00e9<br \/>\nnous irons sur l\u2019eau<br \/>\nnous irons nous promener<br \/>\nnous irons jouer<br \/>\ndans l\u2019ile<br \/>\ndans l\u2019ile<\/p>\n<p>Comment va s\u2019appeler ma petite s\u0153ur Monsieur ?<\/p>\n<p>Faut demander \u00e0 ta m\u00e8re mon enfant.<\/p>\n<p>Si \u00e7a co\u00fbte aucun franc, comme le monsieur le dit<br \/>\nOn va l\u2019appeler Frannie.<\/p>\n<p>Et Nellie-Rose de conclure en chantant:<\/p>\n<p>Marchand tu n\u2019vendras pas ton bl\u00e9 (2)<br \/>\nSi j\u2019le vends pas j\u2019te l\u2019donnerai<br \/>\nNous irons sur l\u2019eau<\/p>\n<p>Nous irons nous promener<br \/>\nNous irons jouer<br \/>\nDans l\u2019\u00eele<br \/>\nDans l\u2019\u00eele.<\/p>\n<p>Ce soir-l\u00e0, Jean et moi, couch\u00e2mes Nellie-Rose. Puis nous nous \u00e9tend\u00eemes tout habill\u00e9s sur mon lit, nous endormant aussit\u00f4t d\u2019\u00e9puisement. Quand je me r\u00e9veillai, je me rendis compte que j\u2019avais pleur\u00e9 doucement pendant mon sommeil., Monsieur de Larousse caressant simplement mes cheveux le temps que je revienne sur terre.<\/p>\n<p>Jean<br \/>\n\u00c0 la vitesse o\u00f9 vous allez<br \/>\nOn va se casser la gueule<br \/>\nFaut pas faire des promesses \u00e0 la petite comme \u00e7a.<br \/>\nUn enfant, c\u2019est sacr\u00e9,<br \/>\n\u00c7a pense qu\u2019un adulte, \u00e7a ment jamais.<\/p>\n<p>J\u2019ai trois billets d\u2019avion<br \/>\nPour les \u00eeles Galapagos<br \/>\nD\u00e9part par train<br \/>\nPour l\u2019a\u00e9roport<br \/>\ndemain apr\u00e8s-midi<\/p>\n<p>Si vous avez vraiment le go\u00fbt<br \/>\nqu\u2019on se connaisse tous les trois.<\/p>\n<p>Pourquoi aller si vite Jean ?<\/p>\n<p>\u00c7a fait cinq ans d\u00e9j\u00e0<br \/>\nQue je vous attends Marie<br \/>\nEt nous nous sommes d\u00e9j\u00e0 tant \u00e9crit.<br \/>\nN\u2019avez-vous pas dit<br \/>\nHeureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage ?<br \/>\nPour revenir, faut commencer par partir quelque part.<br \/>\nPourquoi pas le pays de votre p\u00e8re, les Iles Galapagos ?<\/p>\n<p>Mais c\u2019est \u00e0 l\u2019autre bout du monde Jean ?<\/p>\n<p>N\u2019avez-vous pas dit<br \/>\nL\u2019autre bout du monde, \u00e7a donne juste le go\u00fbt<br \/>\nDe revenir chez nous<\/p>\n<p>Et c\u2019est un chez nous que je vous offre de construire Marie<br \/>\nUn chez nous avec une Frannie puis une Nellie-Rose.<\/p>\n<p>Nous gard\u00e2mes silence plus d\u2019une demie-heure. Je m\u2019apercus que des larmes coulaient silencieusement sur son visage, ce qui me fit pleurer discr\u00e8tement aussi. En dedans de moi-m\u00eame, Renaud, tel Robinson Cruso\u00e9 sur son radeau, s\u2019\u00e9loignait de moi pour accoster sur l\u2019ile dont il avait tant r\u00eav\u00e9. Et cela me fit du bien que nos routes se s\u00e9parent, la sienne conduisant peut-\u00eatre \u00e0 l\u2019or du temps, la mienne \u00e0 l\u2019abordage de ce qui me semblait \u00e0 ma juste mesure : l\u2019amour au quotidien sans se poser de ces questions qui font de ces chercheurs d\u2019\u00e9toiles des errants de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Jean, j\u2019accepte ce voyage d\u2019essai<br \/>\nEn autant que je paie mon billet d\u2019avionv<br \/>\nEt celui de la petite.<\/p>\n<p>Je dois d\u00e9cliner votre offre Madame<br \/>\nJ\u2019ai promis \u00e0 Nellie-Rose<br \/>\nQue sa petite s\u0153ur ne lui co\u00fbterait rien<\/p>\n<p>Nous \u00e9clat\u00e2mes de rire, ce qui r\u00e9veilla Nellie-Rose qui, en toute innocence, vint se blottir dans le lit entre nous deux. C\u2019est ainsi que nous nous endorm\u00eemes. Et c\u2019est peut-\u00eatre \u00e0 ce moment-l\u00e0 que j\u2019acquis, dans le bien-\u00eatre de notre tendresse r\u00e9ciproque, la conviction intime que nous formerions un jour une famille heureuse.<\/p>\n<p>Je connais un pays<br \/>\nO\u00f9 on nous donnerait gratuitement<br \/>\nTa petite s\u0153ur au lieu d\u2019avoir \u00e0 l\u2019acheter<br \/>\nSi ta m\u00e8re vient, tu prends le train et l\u2019avion avec nous ?<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que nous part\u00eemes pour les Iles Galapagos. Je ne savais pas que ces treize \u00eeles, dix-sept il\u00f4ts et quarante sept r\u00e9cifs sortis de l\u2019oc\u00e9an Pacifique lors d\u2019\u00e9ruption volcanique abritaient 10,000 \u00ab galapagos \u00bb (nom espagnol des tortues g\u00e9antes), une myriade d\u2019iguanes marins ou terrestres, des milliers d\u2019otaries, d\u2019albatros, de lions de mer. Nous about\u00eemes finalement \u00e0 Puerto Baquerizo Moreno, centre administratif de l\u2019archipel.<\/p>\n<p>Comment mon p\u00e8re avait-il su que le paradis se trouvait aux \u00eeles Galapagos, surnomm\u00e9es \u00ab les \u00eeles enchant\u00e9es \u00bb. ? En fait, il en avait entendu parler en lisant l\u2019item Darwin dans l\u2019encyclop\u00e9die parce que le c\u00e9l\u00e8bre savant britannique les avaient visit\u00e9es en 1835, ses \u00e9tudes ayant donn\u00e9 naissance \u00e0 son l\u00e9gendaire livre : \u00ab l\u2019origine des esp\u00e8ces par la s\u00e9lection naturelle \u00bb<\/p>\n<p>J\u2019appris donc la vision Larousse d\u2019un compagnonnage heureux. Pour Jean, on \u00e9tait d\u2019abord des compagnons de vie, partageant avec passion un m\u00eame r\u00eave, ce qui n\u00e9cessairement alimentait l\u2019amour comme les ruisseaux de petits gestes finissant par constituer un oc\u00e9an de bonheur. Il avait r\u00e9ussi cela avec sa premi\u00e8re femme. Et il se sentait mature comme un capitaine de bateau qui conna\u00eet bien le ciel et son \u00e9toile polaire.<\/p>\n<p>Mais je ne me sentais pas \u00e0 la hauteur de son \u00e9pouse d\u00e9c\u00e9d\u00e9e. Et je finis par lui dire en \u00e9clatant en larmes. Jean fut habile, Il avait senti qu\u2019une partie de mon c\u0153ur \u00e9tait encore ensorcel\u00e9e par Renaud. Et il me demanda de m\u2019abandonner, de tout me raconter, comme il le ferait lui-m\u00eame au sujet de sa femme.<\/p>\n<p>Et c\u2019est ainsi que nous \u00e9change\u00e2mes sur nos fant\u00f4mes. Car il faut bien l\u2019avouer, Jean fut fascin\u00e9 par la vie de Renaud, encore plus que je ne l\u2019aurais jamais cru. Sa vie de chansonnier, son don de lui-m\u00eame aux enfants du camp Ste-Rose, son errance de Don Quichotte du temps \u00e0 travers le monde.<\/p>\n<p>Nous nous rend\u00eemes compte tous les deux qu\u2019une partie de notre \u00eatre n\u2019arriverait jamais \u00e0 faire le deuil, lui de sa femme, moi de Renaud. J\u2019appr\u00e9ciai la franchise, le respect, le partage, l\u2019affection que ces confidences cr\u00e9\u00e8rent entre nous. Et je crois que c\u2019est ce long \u00e9change sur notre plus intime qui cimenta notre r\u00eave de donner un foyer \u00e0 Nellie-Rose et la Frannie \u00e0 concevoir.<\/p>\n<p>Jean \u00e9tait tellement \u00e9mu que nous nous soyons rencontr\u00e9s qu\u2019il v\u00e9cut la g\u00eane de l\u2019impuissance sexuelle. L\u2019\u00e9motion \u00e9tait trop forte. Et moi qui le d\u00e9sirais au fond de mon sexe et qui avait si peur que cela lui arrive parce que je ne lui plaisais pas physiquement, ou bien qu\u2019il ne me d\u00e9sire pas comme il avait sans cesse d\u00e9sir\u00e9 sa femme.<\/p>\n<p>Nous r\u00e9ussimes \u00e0 faire l\u2019amour, le dernier soir. Cela lui sembla douloureux car il cria au point o\u00f9 je dus lui enfoncer la main dans la bouche pour ne pas r\u00e9veiller la p\u2019tite.<\/p>\n<p>Et ma petite s\u0153ur, monsieur Jean ?<\/p>\n<p>Je l\u2019ai cach\u00e9e dans le ventre de ta maman Nellie-Rose<br \/>\nD\u00e9pose ton oreille<br \/>\nEcoute son petit c\u0153ur qui bat<br \/>\nIl faut juste qu\u2019elle grandisse maintenant<\/p>\n<p>Elle va s\u2019appeler comment Jean<br \/>\nFrannie Thysdale ?<\/p>\n<p>Non ma ch\u00e9rie, lui r\u00e9pondis-je<br \/>\nSi Jean le veut bien<br \/>\nElle s\u2019appellera<br \/>\nFrannie Gascon-Larousse.<br \/>\nEt toi, Nellie-Rose Gascon-Larousse<br \/>\nEt c\u2019est ainsi que le destin<br \/>\nD\u2019une terrestre bien terre-\u00e0-terre<br \/>\nnomm\u00e9e Marie Gascon<br \/>\nfut li\u00e9.<br \/>\nPar promesse d\u2019engagement r\u00e9ciproque,<br \/>\n\u00e0 celui d\u2019un terrien bien terre-\u00e0-terre aussi<br \/>\nMonsieur Jean de Larousse.<\/p>\n<p>Car c\u2019est les deux pieds sur terre<br \/>\nEt les yeux tourn\u00e9s, non vers la lune,<br \/>\nMais vers mes filles<br \/>\nQue j\u2019eus besoin<br \/>\nDe m\u2019abandonner en cette vie.<\/p>\n<!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on the_content --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on the_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00eele de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 de l&rsquo;instant pr\u00e9sent Cher Clermont, Dans sa contemplation active de l\u2019univers, Ton ami est devenu lui-m\u00eame Un chevalier \u00e0 la bien triste figure Chantant au hasard des rues pour ne pas mourir de faim. 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