Ivanchuk impressionne, Charbonneau dévoile son potentiel

Par Claude Demers • 28 juil, 2007 • Catégorie: Échecs

Au 8e tournoi international d’échecs de Montréal

charbonneau
Pascal Charbonneau

Il peut paraître difficile de suivre et même de s’intéresser à un tournoi d’échecs alors que les joueurs jouent au rythme de 40 coups en 90 minutes et pourtant c’est à une soirée palpitante que j’ai assistée hier vendredi alors que Vassily Ivanchuk qui avait déçu dans son match contre Pavel Eljanov (où les deux joueurs ont concédé la nulle après 30 coups seulement et un seul pion en moins de chaque côté) s’est repris de belle façon en battant le Polonais Kamil Miton (elo 2648). La veille, Ivanchuk avait donné toute une leçon d’échecs à l’autre joueur canadien de ce tournoi, Mark Bluvshtein (elo 2520) avec deux supers sacrifices auxquels n’a pas su résister Bluvshtein.

Le spectacle que donnent les grands maîtres échiquéens réunis dans un même tournoi est un phénomène assez impressionnant qui démystifie l’aura qu’on tend parfois à créer autour de ces personnages généralement simples et modestes autant que leur jeu que l’on croit parfois au-dessus de toute faille possible. Avant sa victoire contre le Britannique Nigel Short on aurait pu se demander si Pascal Charbonneau était du même niveau que ces grands joueurs. Mais les deux dernières parties qu’il a jouées contre l’Indien Pentala Harikrishna et l’Américain d’origine russe, Gata Kamski, nous ont démontré un jeune joueur plein d’assurance. On a pu sentir même une certaine frustration chez lui et une petite hésitation à accepter la nulle que lui proposa Kamski lors de la joute qu’il lui livra durant la 7e ronde du tournoi. C’était même beau à voir rougir le sympathique Kamski présenter la main à Charbonneau, conscient de laisser son adversaire sur sa faim alors que ce dernier lui avait livré un match très serré.

Ivanchuk, le gagnant du tournoi est un homme simple et modeste. Lorsque je lui ai dit avoir visité Lviv (prononcer Lvov) la ville d’où il vient, ses yeux sont devenus pétillants. Il a esquissé un sourire timide lorsque j’ai abordé le sujet de sa partie contre le Canadien Mark Bluvshtein (voir à la fin de ce billet) soulignant au passage les deux beaux sacrifices qui l’ont mené à la victoire. Mais à la fin de l’échange, l’esprit d’Ivanchuk n’était déjà plus là. Il se concentrait sur la partie qu’il allait jouer contre Miton avec détermination avant de terminer le tournoi en force.

Ce tournoi nous a rappelé le rôle important de la Fédération québécoise des échecs à l’échelle nationale et internationale qui chapeautait, parallèlement au tournoi Empressa, le Championnat ouvert du Québec auquel plus de 200 joueurs de toutes catégories s’étaient inscrits.


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Claude Demers est l'auteur de ce blogue et de ce billet. Semi-retraité, professeur d'échecs dans les écoles primaires, il est engagé socialement et politiquement.
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Une Réponse »

  1. C’est bien de pouvoir suivre une histoire de Pascal sur ce blog. Ce gars est vraiment super, j’ai jouer quelques soirs avec lui lors des championats du Canada a Winnipeg en 98. Il etait fort et tellement humble!

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